Accueil | La Salsa pour les nuls... | Concerts | CDs | Photos | Videos & DVDs | Livres | Liens | Forum | Click here for english version
Danse | Cours de Danse | Timba Social Club | Biographies d'artistes | Portraits de Salseros | Articles | Interviews

  Danse > Jean-Pierre Nguele  
Jean-Pierre Nguele
Bailar Cuba !
Interview réalisée le 17 janvier 2010
par Luna

Jean-Pierre est à l’origine de la création de l’association Baïlar Cuba, qui participe au développement de la salsa dans le Loiret et propose pour la troisième année un festival aux couleurs cubaine. Interview.



Quand et comment as-tu découvert la salsa ?

J’ai découvert la salsa à Lyon, par hasard. Je voyais des publicités pour une école qui enseignait la salsa, le centre De Sousa. Et puis, un jour, de sortie, j’ai vu des gens danser, c’était de très bons danseurs, je me suis dis "tiens tiens je vais faire ça". Je n’ai jamais eu l’occasion de vraiment apprendre, à cause du boulot, je n’avais pas suffisamment de temps. Je pense que j’ai dû prendre quelques cours avec Daniel de Sousa, mais ce n’était jamais jusqu’au bout, je commençais, mais je n’avais jamais le temps de bien faire les cours. Un jour, sur Paris, j’ai entendu la publicité, sur Radio Latina, pour le Diab’Litho Latino, on parlait des cours de salsa. J’y suis allé, j’ai croisé Antoine (NDLR : Antoine Joly, enseignant de salsa cubaine, surnommé "le cubain blanc"), qui donnait le cours, et puis cela m’a plu. J’ai commencé les cours avec lui, une fois tous les quinze jours, à Chatou. C’est comme cela que j’ai commencé la salsa, il y a je pense quatre-cinq ans, et puis il y a eu le voyage à Cuba, à Santiago... C’est ce voyage organisé par Antoine et Aniurka qui a tout révélé, qui a donné toute cette passion. Et au fur et à mesure on en veut toujours plus !

Dansais-tu d’autres danses avant de danser la salsa ?

Je dansais effectivement... Je suis d’origine africaine, je dansais pas mal les danses du Cameroun notamment, d’ailleurs il y a pas mal de similitudes, de rapprochements avec la salsa. Puis j’ai fait un peu de tango, de valse, de paso-doble, je ne le fais plus maintenant que j’ai "viré de l’autre côté (NDLR : rires). Ceci dit, il m’arrive parfois de danser la valse en soirée !

Quand as-tu commencé à donner des cours, et qu’est-ce qui t’a donné envie de le faire ?

Déjà, à Cuba, j’avais des potes qui me disaient "c’est bien, tu pourrais donner des cours", Yanek (NDLR : Yanek Revilla) par exemple, me disais ça. Antoine m’a dit que je pourrais donner des cours, que je pourrais me lancer. A Lyon, des amis me disaient la même chose, tu pourrais monter un petit truc, nous faire un stage, tu es prof, je n’étais pas prof du tout (NDLR : rires). Et puis je me suis retrouvé dans la région (NDLR : dans le Loiret), je me suis dit que c’était l’occasion de faire quelque chose, je m’ennuyais le soir, il n’y avait pas grand chose à faire, sinon d’aller un peu ou très loin, à Paris ou à Lyon à 500 km. C’est comme ça qu’est née l’association "Baïlar Cuba", en 2007.

L’idée de départ était-elle de donner des cours de salsa cubaine ?

Non, l’idée était en fait de trouver un peu de monde pour pouvoir danser. Or, localement, on ne dansait pas trop, donc pourquoi pas commencer à donner des cours. L’idée n’était pas d’organiser de grands trucs, mais de partager, de se retrouver, pour supporter le froid !

Assez rapidement tu as proposé des stages, tu as fait venir des intervenants extérieurs ?

Je croisais des amis, qui me disaient "Quand est-ce que qu’on vient te voir ?", c’est parti de là. Le groupe de danseurs s’est d’abord créé localement, puis je me suis dit pourquoi ne pas faire venir ces profs, il y a eu Nichito, toi, Antoine et Aniurka, Onilde, Jorge Camaguey, Mario Charon, Madeline ...

Comment est née l’idée d’organiser un festival, avec plusieurs professeurs, un ou plusieurs orchestres ?

C’est Mario Charon qui m’a donné cette idée, lorsqu’il était venu pour un stage. Je pensais que je ne pourrais pas le faire, il m’a dit "je pense que tu peux le faire, on va te donner un coup de main, on va te pousser". Jorge Camaguey aussi m’a aussi un peu poussé dans ce sens... Il venait passer un week-end à la maison, je lui ai dit "il n’y a pas grand chose, on pourrait en profiter pour faire une petite fête". Il m’a dit "bon dans ce cas on pourrait faire un petit cours", et puis, "je pourrais venir avec ma cavalière". J’ai dit "ouais, chouette !" Et puis, il me renvoie un mail et il me dit "écoute, j’ai des amis, on fait des ruedas... ", j’ai dit "oui, ok, pas de problème", il m’a dit "nous sommes douze, tu verras on est tous sympa, on va poser les trucs par terre" C’est comme ça que ça s’est passé.

En mars 2010 aura lieu la 3e édition du festival "Baïlar Cuba", peux-tu nous en parler un peu ?

Après la première édition, et les concerts malheureusement annulés, je me suis dit qu’on allait faire une seconde édition, en essayant d’améliorer. Avec les échecs, les critiques, les conseils, les avis... nous avons fait quelque chose d’un peu plus grand, toujours avec le soutien des amis. Et ensuite, je pensais arrêter. Mais c’est pareil, vouloir arrêter mais pour faire quoi ? Se retrouver à aller danser à Paris, à Lyon, attendre Cuba pour danser ? Je me suis, dit, on va essayer de refaire quelque chose. Et on est toujours "obligé" d’inviter les amis (NDLR : rires), et les amis, il se trouve que ce sont de très bons danseurs, des connaisseurs.

On a toujours eu des problèmes pour les concerts, parce que j’ai plus de contacts avec les danseurs qu’avec les groupes de musique. Et puis j’ai connu quelqu’un à la Havane, qui est à la Clave Cubana, l’agence qui s’occupe des artistes à Cuba, qui m’a dit "si tu veux organiser un concert nous pouvons te donner un coup de main, pour n’importe quel artiste" J’ai dit "N’importe quel artiste ? Même los Van Van ?" "Même Los Van Van !" J’ai dit "Bon, on ne va peut-être pas aller jusque là !" On a commencé à voir quel artiste faire venir. D’ailleurs, de Cuba, j’ai envoyé un texto à Jack (NDLR : Jack el Calvo, dj parisien, co-fondateur et rédacteur du site Fiestacubana.net) : "est-ce que tel artiste ça te dit quelque chose, tel autre ?"

Et pour les cours de danse proposés au festival ?

Je me suis dit "si moi j’allais prendre des cours, qu’est-ce que je ferais ? Quels cours je prendrais ?" La programmation s’est faite aussi comme ça, parce que j’essaie de me faire aussi plaisir en même temps ... D’autant que ce n’est pas pour gagner de l’argent, je perds aussi des sous !

Cette année encore la programmation de stages est très riche avec des cours peu proposés dans les autres festivals...

J’aime beaucoup la salsa cubaine, j’ai fait pas mal de rumba, d’afro, j’ai essayé de regarder tout ce qui me plaisait, qui m’intéressait dans ces danses, et je me suis dit pourquoi ne pas le partager. Et puis ces danses aident vraiment pour la salsa, quand on comprend mieux la rumba, l’afro, on est plus à l’aise dans la salsa. J’ai voulu partager ce que j’aime.

D’où venaient les stagiaires participants aux premières éditions ?

On a eu la chance - parce que Dampierre ou Neuvoy ne sont pas vraiment connus, quand on en parle on se demande si c’est en France ou ailleurs ! - il y a des gens qui sont venus de toute la France, mais aussi de Suisse, d’Allemagne. Cette année, c’est reparti pour, et nous avons déjà des réservations de Pologne, d’Italie, d’Espagne, d’Allemagne, etc. Je pense qu’ils recherchent des choses qu’ils ne trouvent peut-être pas ailleurs, ou bien qu’ils souhaitent approfondir.

En tant que danseur, quelle danse te fait le plus vibrer ?

Je suis plutôt dans les danses folkloriques, traditionnelles, la rumba, l’afro, je trouve que cela apporte un plus lorsque l’on danse la salsa. J’ai eu la chance de croiser de très très grands danseurs de rumba, qui m’ont fait partager cette passion. Je pense que ce sont les rencontres qui nous font aimer ou détester les choses. J’ai eu la chance de croiser un bon professeur en salsa, Antoine, un bon professeur et passionné de rumba, Didio, qui m’a transmis ce virus. J’ai eu la chance de croiser Sergio Larrinaga, qui est très très bon en afro. Au fur et à mesure, je me suis enrichi.

Quel est l’état actuel de la salsa dans le Loiret ?

C’est une question difficile, parce que je suis dedans, j’ai du mal à voir ce qui se passe, ce serait plutôt aux gens de l’extérieur de juger. Avec le recul, dans quelques années, on pourra peut-être faire le bilan.

Retournes-tu régulièrement à Cuba ?

Tous les ans, pratiquement un mois chaque année. Avant j’allais surtout à Santiago, c’est devenu presque le village, on est bien un peu partout. Mais je vais de plus en plus maintenant à la Havane, c’est aussi comme cela que j’arrive à tisser des relations.

Peux-tu citer des artistes et groupes de musique importants pour toi ?

C’est difficile de citer des noms, parce que, pour ceux qu’on ne cite pas ... J’aime tous les artistes qui font de la salsa cubaine moderne, et puis les artistes de son, de rumba.

Quels sont tes projets à moyen ou long terme liés à la salsa ?

Je fais ce qui me plaît aujourd’hui, je ne me dis jamais je vais faire mieux ou moins, je fais en fonction de mon humeur. Aujourd’hui je suis bien dans la salsa, j’ai envie de partager, de faire connaître ça. je le ferai tant que j’aurai les forces. Aujourd’hui on a plusieurs intervenants, peut-être demain j’en aurai un, après-demain cinquante...

Penses-tu que tu danseras toujours dans vingt ou trente ans ?

C’est vrai que les passions et les goûts ça passe, mais je pense que dans vingt ans je danserai encore. Enseigner, je ne sais pas, parce que je ne me suis jamais dit que j’allais enseigner, l’enseignement est venu comme cela, avec les demandes. Tant qu’on me demandera de faire partager mes connaissances, je le ferai, le jour où on ne me le demandera plus j’arrêterai. Je pense que je continuerai à danser, parce qu’au moins danser ne dépend pas des autres, je peux danser tout seul chez moi !

Que peut-on te souhaiter pour ce festival ?

Que tout le monde prenne du plaisir, que tout le monde y trouve son compte, ce serait pour moi la plus grande satisfaction, que tout le monde reparte heureux. Que l’on puisse partager ensemble ce que j’aime. Mon grand-père disait "il faut toujours quelqu’un à côté à qui on puisse dire "c’est bon."" Si on vit quelque chose de bien seul, on ne sait pas l’apprécier, avec les autres on peut dire "c’est bon". J’espère que nous pourrons partager et profiter ensemble et que la salsa pourra grandir dans nos coeurs et dans nos corps.


Retrouvez l’association Baïlar Cuba sur son site internet, ainsi que les informations sur le Festival 2010.



 

 

Dans la même rubrique:


Sacuye Latin Dancers - Sexy Swedish Salsa...


Salsa a la Cubana - The fundamentals of Cuban-Style Casino Salsa Dancing


Enio & Terryl - Casino Rueda "L.A. Style" Level 1 & 2


- Jhesus Aponte


Jazzy et Edie the Salsa Freak - Men’s styling


Luis and Joby Vazquez - Salsa Brava Combinations, Tricks and dips


Salsa Lovers - Social salsa and casino/rueda - Beginner levels, volume 1


Nelson Flores - NY Style mambo shines


Santo Rico Dance School - Ladies mambo / Salsa Styling and Spinning


Congrès d’Athènes - Todo Latino Festival 2009 - chronique

Visualiser tous les articles sur les thèmes suivants:


Accueil | La Salsa pour les nuls... | Concerts | CDs | Photos | Videos & DVDs | Livres | Liens | Forum | Click here for english version
Danse | Cours de Danse | Timba Social Club | Biographies d'artistes | Portraits de Salseros | Articles | Interviews
| Plan du site | Accès Admin

Touts droits de reproducton réservés © SalsaFrance.com, 2000-2006
Pour toute information sur ce site, contactez-nous

SalsaFrance.com et son forum sont des publications de JEO

Informations légales
LOGO SPIP