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  Danse > Susana Montero  
Susana Montero
Showgirl
Interview réalisée pendant ESDLS 2005
par Luna

On la connaît comme la partenaire du beau Leon Rose, elle aura réussi à faire monter sur scène Super Mario à ESDLS 2005... Interview entrecoupée de nombreux éclats de rire, le charme de Susana est aussi dans ses blagues !

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Susana Montero à ESDLS 2005
Photo : R.SEIGNE - www.pazapas.com

D’où viens-tu, et comment as-tu découvert la salsa ?

Je suis originaire d’Espagne. Je vis à Londres depuis dix ans, c’est là que j’ai appris la salsa. Une amie m’a emmenée dans un club salsa, où je ne voulais pas vraiment aller : j’étais à Londres, je voulais voir des Anglais ! Elle m’a quand même convaincue d’y aller : « il faut que tu viennes, allez », « ok, allons-y... » C’était une fille que j’avais rencontrée à Londres, qui voulait m’emmener à la « Villa Stefano ». La « Villa Stefano » était connue comme « le » club, l’endroit où il fallait être le dimanche soir - c’est fermé maintenant. C’était un lieu très underground : les gens suaient, les gens ne portaient pas de jolis vêtements, de jolies chaussures ! Je marchais dans ce club, je voyais danser tous ces gens, je me disais « oh mon Dieu, je veux apprendre cette danse » J’ai commencé un dimanche, je devais attendre une semaine entière pour recommencer, j’attendais le dimanche avec impatience, et quelqu’un m’a dit qu’il y avait un autre club ouvert le lundi, « super le lundi, c’est bien », « il y a un club ouvert le mercredi », « le mercredi, c’est génial ! ». Et très vite je suis sortie tous les soirs... Et j’ai arrêté mon travail, je ne pouvais pas continuer !

Que dansais-tu avant de danser la salsa ?

J’ai fait de la danse classique. J’ai dansé avec la Spanish Dance Company, dès l’âge de quatre ans. Quand vous faites de la danse classique en Espagne, vous apprenez aussi le flamenco, au moins pendant deux ans, ensuite vous choisissez ce que vous voulez faire. J’ai donc fait de la danse classique, j’ai dansé pour la compagnie pendant plusieurs années, jusqu’à ce que je décide de faire de la danse contemporaine, je voulais changer un peu. J’ai fait du contemporain, du jazz, j’ai même appris l’afro-cubain pendant deux ans, alors que je connaissais même pas la salsa. Lorsque je suis arrivée à Londres, que j’ai commencé la salsa, cela faisait sens tout d’un coup ! Ce sont mes antécédents : la danse classique. Cela m’a aidée pour la salsa.

Comment es-tu devenue professeur et danseuse professionnelle de salsa ?

J’ai commencé à donner des cours de danse classique lorsque j’avais quatorze ans. J’enseignais aux petites filles. C’est ma première expérience comme enseignante. A partir de ce moment, j’ai enseigné tout au long de ma vie ! Lorsque je suis venue à la salsa, j’étais déjà professeur de danse. Il s’agissait donc d’apprendre la technique salsa, pour être capable de l’enseigner, mais je pense que j’ai le petit « truc » qui permet d’enseigner, grâce à mon expérience. C’était facile de commencer à enseigner. J’ai débuté en aidant juste un ami à moi à Londres, William, il donnait beaucoup de cours. Je l’aidais pour donner les cours, pour décomposer les pas des danseuses. Et puis j’ai réalisé que ma manière d’enseigner différait de la sienne, j’ai donc commencé à donner mes propres cours, pour les débutants, j’ai continué en donnant des cours de différents niveaux. J’ai gagné une compétition de salsa en 1998, la première à laquelle je participais, cela m’a motivée pour faire de la salsa vraiment sérieusement, j’ai commencé à voyager, à apprendre des éléments de Lady Style et c’est à partir de là que j’ai commencé à enseigner vraiment sérieusement... je crois...

Et la scène ?

J’ai commencé à faire de la scène avec la danse classique. Ma première vraie scène salsa a été cette compétition, que j’ai gagnée avec Chandi, c’était mon partenaire. Nous nous étions entraînés seulement une semaine avant la compétition. Nous devions tous les deux danser avec d’autres personnes, chacun de notre côté nous nous sommes séparés de nos partenaires et une semaine avant nous nous sommes dit que nous allions le faire ensemble ! Nous avons participé... et nous avons gagné ! Je ne sais pas comment, mais nous avons gagné ! C’était ma première vraie scène salsa. Nous avons vraiment aimé cette expérience, nous voulions continuer ensemble, mais Chandi était trop fainéant ! Je voulais travailler dur, faire des choses, et lui il était trop paresseux ! Il m’a dit de chercher un autre partenaire. C’est là que j’ai commencé à danser avec Leon (NDLR : Leon Rose). Nous nous sommes rencontrés à l’occasion d’un énorme spectacle au Royal Albert Hall pour la Princesse Diana. Richie Marcel, un célèbre chorégraphe britannique - il fait plein de choses, pas seulement de la salsa - avait réuni un groupe de danseurs, pour faire un show de dix minutes, Leon en faisait partie, c’est comme cela que je l’ai connu. Quelqu’un ensuite nous a demandé de faire un show, et nous avons dansé ensemble.

Quel fut ton premier show avec Leon Rose ?

C’était juste trois minutes de salsa, parce que c’était la première fois que nous dansions ensemble, nous avions des styles complètement différents. Mon style était très cubain, je ne sais pas trop ce qu’il dansait, une sorte de cross body style. C’était très étrange ! Nous avions monté une petite chorégraphie, et nous ne l’avons dansé qu’une seule fois, seulement pour cette personne qui nous avait demandé de faire ce show ensemble. Mais après cela nous avons commencé à travailler ensemble sur d’autres choses. Je crois que la chorégraphie de cha-cha-cha est venue ensuite… Nous avons fait un show avec une petite partie de cha-cha-cha, et ensuite de la salsa, et nous l’avons dansé en Angleterre. Ensuite il y a eu le Congrès Bacardi, avec une compétition. Le premier prix c’était d’aller faire son show à Puerto Rico avec toutes les dépenses prises en charge. C’est là que nous avons fait la chorégraphie des vampires, nous y avons passé un mois, nous répétions pendant 4 heures tous les jours… c’était horrible ! (NDLR : elle rit) Non, c’était très chouette, c’est toujours super de danser avec Leon, et c’est très facile, c’est un super partenaire. C’était vraiment notre travail, nous avions notre propre chorégraphie. Nous avons gagné la compétition, et nous sommes allés à Puerto Rico !

Quels sont les danseurs que tu admires particulièrement dans le milieu de la salsa ?

Chaque danseur, pour des raisons différentes, m’a impressionné à un moment. Vous savez, quand vous débutez, tout le monde vous impressionne, mais vous ne savez pas vraiment pourquoi encore, parce que vous ne comprenez pas tout ! Plus vous apprenez, plus vous appréciez tous ces danseurs. Il y deux personnes qui m’ont apporté quelque chose de vraiment particulier. Eddie Torres, tout d’abord. Je me souviens du jour où je l’ai rencontré, à Londres. J’ai pris ses cours. La manière dont il danse, son feeling, tout cela me plaît. Et puis il y a Nelson Flores. Il est tellement agréable ! Et puis il vous dit tout en face, il est très honnête. « vas-y Susana, travaille, refais-le, refais-le encore et encore… » Il est venu plusieurs fois à Londres, c’est un ami maintenant. Mais j’admire vraiment tous les danseurs, pour plein de raisons différentes...

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Susana Montero et Luna à ESDLS 2005
Photo : Dejavu - www.salsafuriosa.com

Quel aspect de ton métier préfères-tu ? Donner des cours, faire de la scène ?

Je pense que si tu es danseur, tu aimes faire de la scène, plus que tout. Ces moments où tu interprètes la musique, tu fais ce que tu ressens… Danser, c’est la raison pour laquelle tu es là. J’aime beaucoup enseigner. Si tu n’aimes pas enseigner et que tu es danseur, tu as un problème, car un jour tu devras peut-être arrêter de danser, et la seule chose que tu peux faire alors c’est enseigner. Si tu n’aimes pas enseigner, cela sera très dur de rester dans le monde de la danse. J’adore enseigner, mais, en tant que danseuse, parce que j’ai dansé toute ma vie, j’adore danser… Pour moi danser sur scène, c’est quelque chose de très spécial. Danser en social, c’est beaucoup de plaisir, je veux dire si vous allez quelque part, en oubliant tout, sans contrainte, le « freestyle », avec des gens, c’est ce qui rend la salsa si particulière. Et puis il y l’enseignement. Ces trois choses sont complémentaires… Ce que je ressens lorsque je suis sur scène, je ne le ressens nulle part ailleurs. J’aime enseigner pour des raisons différentes.

C’est le contraire de Super Mario, qui dit détester la scène...

Il ne déteste pas ça ! C’est parce qu’il a trop peur. A un moment il va dire « oui, Susana, on va monter sur scène ! », « ok, je suis prête, allons-y ! ». Et la minute d’après c’est « ah, m…, je ne peux pas faire ça… » - désolée pour les gros mots (NDLR : dit-elle en riant). Je sais qu’il adorerait le faire, mais il a peur, et il change donc d’avis tout le temps ! Mais je l’y amène, petit à petit. Au début, il n’aimait pas les shines, maintenant il aime ça. Petit à petit… Ma première idée, c’était de faire un show et de l’appeler « Just Moves » (NDLR :seulement des passes), donc il a commencé comme ça, des passes et encore des passes. Je lui ai dit « Mario tu es « The Million Moves Man », faisons une chorégraphie avec seulement des passes, je suis prête, je m’en fiche des shines, du style, on oublie, seulement des passes ! » Il a dit « ok, allons y ! » Puis il est revenu : « on pourrait faire un petit peu de shines »… « Ok ! » Au fur et à mesure… Lorsque je vais à un Congrès et que je ne fais pas de show, lorsque je vois les danseurs sur scène, j’ai envie d’y être. C’est différent, on n’a pas le stress, mais en même temps c’est frustrant !

Que penses-tu des danseurs français, y a-t-il pour toi un style français ?

Je n’étais pas là lorsque la salsa a commencé en France. Je pense que je suis venue en France pour la première fois il y trois ans. Entre ce moment-là et aujourd’hui, le niveau a augmenté, mais c’était déjà vraiment bien il y a trois ans. Le groupe de danseurs que je connais est devenu bien meilleur, ils se motivent les uns les autres pour progresser, c’est pourquoi le niveau est monté si vite. Ce que j’aime aussi, c’est que lorsque je viens ici, tout le monde danse le zouk, la salsa cubaine, une très jolie salsa cubaine - j’adore la cubaine, vous savez à Londres, il y très peu de gens qui dansent vraiment la cubaine, c’est quelque chose qui me manque, et à chaque fois que je viens à Paris, c’est agréable de pouvoir danser la cubaine. Ils savent danser plein de choses. Je ne peux pas tellement parler aux danseurs français du fait de la différence de langue, mais j’adore danser avec eux. Les danseurs français ont en général un guidage très doux lorsqu’ils dansent de la salsa portoricaine.

Quels sont tes projets à moyen terme et à long terme ?

J’ai beaucoup de choses à faire dans les six prochains mois. Il faut que je me force à les faire, je suis bien trop fainéante ! Parce que je viens de me marier, je suis trop décontractée, mais maintenant il faut que je me remette au travail ! Il faut que je fasse mon deuxième DVD de lady style, qui est déjà quasiment prêt dans ma tête, je sais tout ce que je veux y mettre, tout ce qu’il reste à faire c’est choisir une date et filmer, mais vous savez comme il est rare que Mario et Leon soient disponibles le même jour dans le même pays. Alors je suis en train d’essayer qu’on se retrouve tous les trois à Londres. L’an dernier j’ai organisé la British Salsa Competition, et je veux recommencer cette année, parce que c’était vraiment bien, et nous avons besoin de cela en Grande Bretagne, car aucun concours n’y est organisé, seulement des shows, rien qui tire les gens vers le haut Sinon il faut que j’achète une maison et vous savez s’il faut que je cherche une maison il va falloir que j’arrête quelque chose, j’ai trop de choses à faire ! Je voulais aussi monter une école pour y enseigner, parce que je pense qu’il faut que je crée quelque chose à moi à Londres. Faire le tour du monde c’est bien , mais en fin du compte tu a besoin de revenir à une base, d’avoir quelque chose de stable. Tous ces congrès c’est bien mais c’est également fatigant …. Passer d’un pays à l’autre…. Tu ne t’en lasses pas, et tu y prends toujours autant de plaisir mais tu ne peux rien faire d’autre, et tu rentres à Londres sur les genoux et tu dois assurer tes cours !

Comment te vois-tu dans la salsa dans 10 ans et plus ?

Oh mon Dieu ! Dans 10 ans, si j’ai toujours la chance de pouvoir choisir à quel congrès je veux participer, si les gens me réclament toujours, je ferai deux ou trois congrès que j’aime vraiment, et le reste du temps je resterai à Londres. Je ne me vois pas bouger tous les week end. Suivre Leon en boitillant ! (NDLR : rires) Je me verrais bien enseigner à un groupe de personnes, quelque chose de plus organisé, faire des chorégraphies, mais toujours enseigner… et peut être bien faire de la scène quand même !



 

 

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