Henri Guedon est un personnage aux multiples facettes. Percussionniste le plus souvent, chanteur parfois, il est aussi peintre, judoka ou acteur, et en bon touche à tout qui se respecte, même dans la partie musique, il s’amuse entre zouk et musiques latines.
Les enregistrements de ce CD (qui manque malheureusement cruellement de notes de pochette permettant de mieux les situer) prennent place dans les années 60 et 70, et constituent une sorte d’intéressant maillon manquant dans l’histoire de la salsa française.
Quelques part entre un Azuquita qui a apporté sa musique avec lui en venant de New York à Paris et les tentatives commerciales (et souvent réussies, d’ailleurs !) d’un Bernard Lavilliers, il y avait Henri, et c’est tout à fait justice que ce CD nous le remémore.
Les atouts principaux d’Henri sont sa recherche permanente d’un nouveau son et son ancrage culturel dans un monde aussi métissé que l’est la salsa, les Antilles françaises.
Ce qui nous vaut quelques titres mêlant orgue et guitare électrique aux percussions de la salsa ("Brujeria"), quelques tentatives de mélange avec des rythmes antillais ("Machapia"), et des textes en français (un amusant "Faut Pas Pousser" qui pourra sans soucis trouver sa place sur les pistes de danse).
On notera aussi les apparitions des musiciens nuyoricains Alfredo de la Fe, Nicky Marrero ou Sonny Bravo, qui prouvent une fois de plus que Henri Guédon sait s’entourer.
Dans cette perpétuelle recherche, tout n’est pas parfait, mais tout est intéressant, surtout replacé dans le contexte de son époque. Henri Guédon a défriché quelques pistes de travail qui méritent encore, de nos jours, plus ample exploration.