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Congrès d’Athènes
Todo Latino Festival 2009 - chronique
Compte-rendu (27, 28, 29 nov 2009)
par Déelle

La deuxième édition du Todo Latino Festival s’est déroulée du 27 au 29 novembre 2009, dans l’enceinte du prestigieux Tae Kwon Do Stadium près d’Athènes, en Grèce. Nombre de salseros français ont fait le déplacement pour l’occasion : Marseille, Nantes, Nice ou Paris… la carte de France était assez bien représentée. Ce n’est pourtant pas par chauvinisme régional que l’on peut expliquer cet exode massif, puisqu’une seule troupe et un seul DJ français, non des moindres cependant, étaient à l’affiche du congrès : U-Tribe et DJ Willy. Mais il faut dire que le programme du festival recélait tant de pointures internationales que l’on comprend aisément son succès. Eddie Torres, Yamulee, Santo Rico, Tropical Gem… Peut-on faire plus alléchant ? oui, car ce congrès laissait également une place importante à la musique live. Alors, non content de réunir Frankie Vasquez et Luigi Texidor sur la même scène (ce qui aurait amplement suffit à nous convaincre de réserver un pass), le Todo Latino Festival annonçait l’exploit, l’impensable : faire venir Marc Anthony, sans doute l’artiste salsa le plus connu du grand public. Sur le papier, le programme était si attrayant que l’on s’attendait à un vice caché. Une annulation de dernière minute ? Une organisation approximative ? Mais quelle allait donc être la défaillance de cet évènement ?

Vendredi 27 novembre au matin, le terminal Orly Sud avait une étrange allure de soirée salsa. Que l’on soit dans la file d’enregistrement, le relais presse, la salle d’embarquement… partout, l’on pouvait croiser des têtes familières. « Imagine, si l’avion se crash, la proportion de danseurs que ça fera en moins dans les soirées Parisiennes ! » Une pointe d’humour noir qui fait sourire, mais c’est vrai qu’il n’a pas tort, le salsero qui prononce ses mots. Une fois à bord, l’ambiance était déjà lancée. L’annonce d’un retard d’une demi-heure avant le décollage a constitué le prétexte que les 2/3 des passagers attendaient pour céder la place à une liesse pré-festivalière. Musique à fond et mains en l’air, les salseros de ce vol Paris-Athènes ont réalisé un parfait remake de la pochette "El Avión de la Salsa". Le couloir central de l’appareil s’est transformé en piste de danse et tout le monde a eu plaisir à reprendre en chœur "llego superman, bailando guaguanco" de Don Filemon y Su Banda. Le plus marrant restera sans doute les regards mi-incrédules mi-amusés des passagers civils.

Le festival se tenait à Paleo Faliro, une banlieue côtière située à 30 min en tramway du centre ville d’Athènes. Quoiqu’un peu bétonné, l’endroit est assez agréable, d’autant plus que nous avons bénéficié d’un temps magnifique pendant toute la durée du festival. Sur la plage, on pouvait encore observer des gens se baigner à cette époque de l’année.

Les workshops et soirées avaient lieu au sein du Tae Kwon Do Stadium, une arène olympique quasi neuve, construite à l’occasion des Jeux de 2004. En somme, une infrastructure spacieuse et moderne. Dans la salle principale, un parquet de 1000 m2 avait été installé. La surface était stable et sans problème de jointure comme cela arrive parfois avec des parquets amovibles. La piste était assez large pour qu’aucun coup de coudes ni de talons ne soient à déplorer. L’espace était également appréciable lors des workshops : laissant de la place pour tout le monde, même durant les stages les plus courus (Eddie Torres, Juan Matos, etc). La scène était, qui plus est, à bonne hauteur, permettant aux élèves, même placés aux derniers rangs, de voir distinctement les explications des professeurs.

Côté shows, la qualité des performers était indiscutable. A ma connaissance, très peu de nouvelles chorégraphies ont été présentées, mais nous avons eu plaisir à voir ou revoir toutes celles qui ont été exécutées. A noter, les deux prestations remarquables de Tropical Gem, dansées entre autre sur "Sabrosito Rumbon", "Cristobal Celai" et "Dos Gardenias". Pour être tout à fait honnête, je fais partie de ceux qui reprochent parfois un manque de nuance dans le style de Fernando Sosa, mais ses talents de chorégraphe sont indéniables. Il évite assez intelligemment l’un des écueils de la danse en groupe (qui voudrait que tout le monde effectue les mêmes mouvements en même temps, d’un bout à l’autre de la chanson) et préfère donner un rôle précis à chaque danseur qui vient souligner ce qu’effectuent ses voisins, conférant à l’ensemble un aspect très esthétique.

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Nuno y Vanda / Tropical Gem / Eddie Torres y Griselle Ponce

Shelley Cook a dansé aux côtés de Gil et Anke. A l’issue de leur prestation, elle n’a pas manqué de prononcer quelques mots en hommage à Lee Wright, tristement décédé en novembre 2008 dans un accident de voiture. La soirée réservait un deuxième moment d’émotion à Shelley, puisque Gil a également profité de la scène pour lui adresser une touchante demande en mariage.

Outre les shows et les workshops, le Todo Latino Festival était également le théâtre d’une compétition de danse. Les inscriptions à ce concours étaient officiellement ouvertes à tous (tout couple munis d’un full pass), mais nous étions loin d’avoir affaire à une compétition amateur. Parmi la petite vingtaine de couples inscrits, figuraient : Anne et Anichi, Fernando Sosa et Sandy Ramos ou encore Gil et Anke. Au terme d’une épreuve de danse libre et d’une danse chorégraphiée, c’est Adrian et Anita qui ont remporté le premier prix : la somme de 10 000 $, pour la deuxième année consécutive.

Et c’est ainsi que peu à peu, j’en suis venue à me demander quel était le secret de ce festival ? Par quel miracle les organisateurs arrivent-ils à tenir leur budget en fournissant autant de choses ? Une arène olympique, des troupes de premières classes, un concours à 10 000 $, la pyrotechnie et le feu d’artifice intérieur, Frankie Vazquez, Luigi Texidor, Marc Anthony…

Il est vrai que le full pass était cher (230 €) et que son prix avait d’ailleurs doublé par rapport au tarif affiché l’an passé. Mais soyons clairs, on se doute que cette augmentation peut être majoritairement imputable au cachet de Marc Anthony (et encore, est-ce suffisant pour couvrir tous les termes de son contrat ?). Alors qu’en est-il du reste ? Personnellement, je m’attendais à ce qu’une bonne partie des frais d’organisation soient amortis au bar. Je n’aurais pas été étonnée de voir le verre de soft à 8€ (déjà observé en congrès). Eh bien j’avais tort… au bar, le service était rapide, le personnel aimable et les prix attractifs : bouteilles d’eau à 0.50 € et bouteilles de sodas à 2.50€. Incroyable. Peut-être se rattrape-t-il sur le prix du vestiaire ? même pas ! le service de vestiaire était totalement et inconditionnellement gratuit. Est-ce la peine de mentionner les serviettes éponges à l’effigie du festival qui ont été distribuées gratuitement ?

Ajoutons à tout cela l’extrême professionnalisme des organisateurs que l’on a pu observer pendant toute la durée du festival. Le programme des workshops et des shows a été respecté à la minute près et énormément de personnes étaient mobilisées pour faire tourner la machine. En clair : aucune défaillance il n’y eut. Au bilan, on pourra seulement regretter un problème de retour qui a gêné Luigi Texidor et une attente un peu longue avant le début du concert de Marc Anthony. Je pense pouvoir dire que les français présents sont rentrés épuisés mais satisfaits. Et ils n’ont pas manqué, comme à l’aller, de consacrer le peu d’ardeur qui leur restait à la salsification de la salle d’embarquement. Le souvenir qui me reste de ces trois jours passés à Athènes est une phrase prononcée plusieurs fois par Albert Torres, le maître de cérémonie du festival. A chaque fois qu’il présentait une danseuse légèrement vêtue, Albert Torres répétait, sur un ton grivois : I love my job. C’est une boutade, mais pourtant, les Grecs nous ont bel et bien donné la preuve que présenter et organiser un festival, c’est un métier.

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Pour aller plus loin...

- les photos des shows : Todo Latino Festival 2009 - shows
- les photos des concerts : Todo Latino Festival 2009 - concerts
- site internet du festival : http://www.salsafestival.gr/



 

 

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