Une forme embryonnaire de NG La Banda, qui ne porte pas encore ce nom, existe dès 1986. Les musiciens se consacrent alors principalement au latin jazz. C’est en 1988 que le groupe adopte son nom définitif et change de répertoire. A sa création, NG La Banda est donc mené d’une main de maître par José Luis Cortés, directeur musical, compositeur, chanteur et flûtiste virtuose. Il a fait ses armes au sein de deux groupes mythiques : Los Van Van puis Irakere. Pour son nouveau projet, il s’adjoint les services de grandes pointures du moment. On peut notamment citer les nombreux transferts du groupe Irakere tels que Germán Velazco, saxophoniste (qui a également officié au sein de l’orchestre d’Elio Revé), Giraldo Piloto, saxophoniste et batteur, ou encore le trompettiste José Miguel "El Greco". Ce ne sont que quelques exemples du mercato musical qui aura donné naissance à NG La Banda. Le talent de ces musiciens fait mouche. On aura vite fait de surnommer la section cuivres du groupe "los metales del terror".
Les deux chanteurs de la formation initiale de NG La Banda sont Tony Calá, précédemment chanteur, compositeur et violoniste du groupe Ritmo Oriental, et Isaac Delgado, bien sûr, dont la carrière solo sera propulsée grâce à son passage dans NG la Banda.
Fort de tous ces talents, le groupe développe, à la fin des années 80, une musique résolument novatrice, savant mélange de rumba, de songo (récemment inventé par Los Van Van), de jazz et de funk. José Luis Cortés a déclaré à ce sujet : « Je souhaitais développer une musique qui combinerait la saveur de Los Van Van et l’agressivité musicale d’Irakere ». Vous l’aurez compris, NG La banda a été le premier groupe à jouer cette musique aujourd’hui connue sous le nom de timba. Un nouveau souffle musical qui trouvera écho auprès de la jeunesse cubaine, quelque peu lassée par les musiques traditionnelles.
C’est sous le nom de Grupo Nueva Generación que le groupe enregistre son premier album en 1988 : No te compliques. Il n’a jamais été réédité en cd, mais on peut retrouver quelques titres de cet album dans le "Best of NG La Banda" (Milan Records).
En 1990, paraît l’album En la Calle. Il contient le premier grand tube du groupe : "La expresiva", écrit à la gloire des différents quartiers de La Havane. Y figure également la chanson "Necesito una amiga", grand hit aux Etats-Unis qui sera repris par Johnny Rivera.

Le groupe est prolifique, les albums et les succès s’enchaînent. Entre autres :
No se Puede Tapar el Sol (1990), où figure un nouveau titre majeur de leur répertoire : "Los Sitios entero".
Salseando (1990) réalisé avec la chanteuse Malena Burke, qui reprend de grands standards cubains.
Échale Limón (1993) [1], enregistré au Japon, il compte trois titres incontournables : "Échale Limón", "El Trágico" et "Santa Palabra".
La Bruja (1994), contenant la chanson "Picadillo de Soya" ("hachis de soja"), une allusion ironique à l’une des initiatives du gouvernement. La crise économique avait, à l’époque, amené les autorités à promouvoir la consommation du soja. Un aliment, certes bon marché, mais franchement loin de plaire aux Cubains. [2].

Ce ne sont que quelques exemples parmi les plus marquants. Il est important de rappeler que NG La Banda n’est pas que le groupe pionnier de la timba. Leur discographie est un véritable tour d’horizon des rythmes afro-cubains (cha cha cha, son, danzón, guaguancó, etc), sans oublier le latin jazz de leur début pour lequel le groupe a de très bonnes dispositions. Au cours des années 2000, José Luis Cortés a fait certains choix artistiques qui ont pu décevoir : incursions dans le reggaeton, le rap, la latin pop… Une chose restera cependant toujours vraie : les qualités des solistes de son groupe. Ajoutons que NG La banda joue un rôle fantastique en tant qu’incubateur de talents. Beaucoup ont pu voler de leurs propres ailes après être passés par la case NG : les chanteurs Isaac Delgado et Manolin "El médico de la salsa" par exemple, ou encore Giraldo Piloto, percussionniste, fondateur de Klimax et compositeur de tubes pour les grands noms de la musique cubaine.
Pour aller plus loin...
Critique de concert : New Morning, 4 juillet 2003 (par jsalsero)
Critique de concert : Y Salsa Festival, 27 juin 2009 (par jsalsero)
Paroles et traduction de "Picadillo de Soya" sur Buscasalsa.com
Biographie, discographie complète et analyses de morceaux de NG La Banda sur le site timba.com (en anglais)