Difficile de s’y retrouver, quand on n’a pas spécialement de notions de « cuisine » musicale, sur ce qui s’est passé en coulisses avant que votre morceau préféré ne parvienne jusqu’à son utilisateur final : vous / vos pieds / vos oreilles (rayez les mentions inutiles). Concert, piste de danse, enregistrement dématérialisé ou vieux 33 tours, quel que soit votre mode de consommation, il a bien fallu que les musiciens s’y mettent à plusieurs pour vous fournir votre dose. Mais qui fait quoi ? Explication.Début d’une série d’articles consacrés à la répartition des rôles dans la musique salsa, en plusieurs étapes : la création, l’interprétation et l’enregistrement.Le compositeur

Jusque là, tout va bien : le compositeur, c’est celui qui écrit de la musique. Tout le monde suit. Il se met généralement au piano (utile pour écrire de la salsa) ou à la guitare (utile pour écrire du son) et note ses idées sur une partition. S’il est suffisamment doué ou habitué, il peut même écrire directement sur partoche sans passer par l’instrument, mais c’est toujours mieux de vérifier « en vrai » à un moment ou un autre du travail d’écriture.

Dans le domaine de la musique chantée, écrire une chanson consiste généralement à composer une mélodie. La mélodie, en gros, c’est un truc où on met une suite de notes de durée et de hauteurs différentes (des do, des la, des sol, etc.) qui se succèdent dans le temps, une seule à la fois, séparées ou non par des silences, eux-mêmes de durées variables.

Dit comme ça, ça a l’air compliqué, mais si vous pouvez le chanter en faisant « la la la », hé bien c’est une mélodie.

Le compositeur va également écrire sous la forme d’accords, toutes les notes qu’on pourrait jouer en même temps que la mélodie si on l’accompagnait d’un instrument (et c’est là qu’on retrouve notre piano ou notre guitare) ou d’un orchestre. C’est ce qu’on appelle l’harmonie.

A la fin de cette étape d’écriture, on se retrouve donc avec une « ligne mélodique » et une « grille d’accord », qui sont suffisants pour déposer une œuvre musicale à la SACEM, par exemple.

Précisons qu’à cette étape, il n’est pas obligatoire d’écrire dans le détail toutes les notes qui seront jouées par les instruments qui accompagneront le chanteur : si la mélodie est précise, la « grille d’accord », elle, donne juste des indications qui pourront être interprétées différemment.

L’auteur

Là encore, c’est simple : l’auteur, c’est celui qui écrit les paroles, le texte qui sera chanté et qui devra coller à la mélodie. Dans le domaine de la chanson francophone, on l’appelle également « parolier ».

L’auteur-compositeur est donc celui qui écrit ses textes et sa musique ; l’auteur-compositeur-interprète va en plus les chanter lui-même.

Question fréquente : est-ce qu’on écrit d’abord les paroles ou la musique ?

Tout dépend des habitudes de travail de chacun, mais dans le domaine de la salsa, le mieux est encore de commencer par les paroles ou de faire les deux en même temps, pour respecter l’accent tonique spécifique de l’espagnol et le faire correspondre à des accents musicaux que l’on créera exprès dans la mélodie. Cette correspondance entre les accents tonique et mélodique est une vraie force de la salsa, qui n’existe pas dans tous les styles musicaux hispanophones (la pop espagnole s’en est totalement affranchie, par exemple).

Autre question fréquente : doit-on faire correspondre systématiquement une note de la mélodie et une syllabe des paroles ?

Ce n’est pas plus une obligation en salsa que dans d’autres styles.

Exemples connus :

Une seule syllabe répartie sur plusieurs notes : « Allons enfants de la patri-hi-yeu »

Une même phrase mélodique répétée deux fois avec un nombre différent de syllabes : 1ère fois avec trois syllabes « Je me lève » / 2ème fois avec 5 syllabes « Et je te bouscule » (avec 2 syllabes ajoutées à l’aide d’un chausse-pied dans la même phrase mélodique, qui change un peu, du coup, mais au départ c’est bien deux fois la même).

Cependant, le travail de l’auteur et du compositeur, tel qu’on l’entend dans la variété occidentale, ne représente qu’une petite partie (un quart à un tiers) de ce qu’est une véritable salsa. Le prochain article parlera d’un métier méconnu mais essentiel pour la musique salsa : celui d’arrangeur.

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